Si la majorité des Français l’utilisent c’est parce qu’il est garanti, et évidemment parce qu’il rapporte des intérêts. Officiellement, le taux du Livret A est censé suivre une formule mathématique calée sur l’inflation et les taux monétaires de la zone euro. En réalité, il est souvent ajusté en fonction des priorités économiques du moment.
La dernière version en date est définie par l’arrêté du 27 janvier 2021 relatif aux taux d’intérêt des produits d’épargne. Cette réforme a modifié la méthode de calcul en introduisant une nouvelle approche basée sur une moyenne arithmétique.
Le taux est donc déterminé par la valeur la plus élevée entre :
Ou
Avant cette réforme, la fixation du taux était régie par l’arrêté du 14 juin 2018, qui avait lui-même modifié le règlement CRBF 86-13 du 14 mai 1986 (ouais). Parmi les différences majeures entre les deux formules :
Sauf que ça, c’est la théorie. Même si c’est la loi. Mais si, quand le taux est repassé à 2,4% au 1er février dernier, le ministre de l’économie Eric Lombard a parlé d’une « application stricte de la formule », c’est parce que ça n’a pas toujours été le cas.
Il y a quelques semaines j’avais d’ailleurs publié sur le sujet. Je ne vais pas refaire l’intégralité du calcul ici, mais en gros, le changement de règle et sa non application a permis d’économiser 71G€ d’intérêts, qui n’ont pas été distribués aux Français.
Le LEP a suivi une trajectoire inverse. En 2025, la formule officielle donnait un taux de 2,9%, mais la Banque de France a recommandé de le fixer à 3,5% (contre 4% auparavant). Une décision validée par le gouvernement, officiellement pour préserver son attractivité et éviter une chute trop brutale. Mais aussi parce que tout le monde s’en fout :