Parce que comme souvent, l’idée initiale est bonne : distribuer un label RGE54 à des artisans, afin de s’assurer qu’ils respectent un cahier des charges et donc supposer que le travail est bien fait. Sauf que la supposition oublie deux problèmes.
Ce deuxième point a pourtant déjà été soulignés par une foule de rapport, dont la Cour des comptes (TVA réduite dans l’immobilier et la restauration notamment), le rapport Courbon/Labaronne55 (APL, TVA etc.) et démontré de nombreuses fois à l’étranger. Mais on s’est dit que, cette fois, ça serait différent (non).
Dans les territoires ruraux, la situation a rapidement pris des allures de désert artisanal. La répartition des entreprises RGE révèle une fracture territoriale béante : des départements entiers se retrouvent avec une poignée d'artisans certifiés, créant des délais d'attente interminables et des tarifs qui s'envolent faute de concurrence.
Dès 2016, l’UFC-Que Choisir calculait des surcoûts jusqu’à 185%56. Mais l’alerte a été ignorée, et sans surprise, pendant 10 ans, toutes les études ont montré la même chose : en gros, le delta entre les chantiers avant ou sans RGE… c’est le montant de MaPrimeRénov’. Et donc l’État est juste en train de financer de la marge. Du côté du bâtiment on m’explique qu’en réalité, être RGE coute cher, et que le surcoût vise principalement à financer… la réglementation imposée par l’État. D’ailleurs, depuis plusieurs années, la CAPEB57 alerte sur la chute du nombre d’entreprises RGE58.
Évolution du nombre d’entreprises labelisées RGE59
Note : l’alerte de la CAPEB date de 2023 et la baisse nette a été constatée sur 2023-2024
Dans tous les cas, ça ne va clairement pas dans le sens de rénovation, ce que confirme la Cour des comptes.