L’histoire de Masteos remonte à un an avant sa création en 2019, chez un concurrent.
À l’époque Bevouac n’a que quelques mois, et parmi ses premiers collaborateurs se trouvent Thierry Vignal et Maxime Hanquier, futurs co-fondateurs de Masteos. Un moment immortalisé par une photo partagée par Martin Menez (toujours à la tête de Bevouac) à l’occasion d’un post LinkedIn rappelant gentiment que son entreprise, elle, allait bien. Ils n’arriveront pas à se mettre d’accord sur leur possible association, et finiront par quitter l’entreprise.
Je sais pas si vous vous rappelez 2019… Je vous parle d’un temps que les stagiaires analystes VC ne peuvent pas connaître. C’était une époque de taux bas, de marché immobilier en surchauffe, où le Covid n’existait pas, et avant que les énormes levées de startup n’arrivent en France.
C’est loin hein ?
À la même époque, les réseaux immobiliers « recrutent » des mandataires à foison pour couvrir le territoire. Tout se vend, tout se finance.
Mais tout ça n’existe que grâce à une anomalie de marché : des taux directeurs à 0%.
Aucune personne normalement constituée, passée par une école de commerce ou ayant pris des cours de finance ne peut l’ignorer. Pas plus qu’il n’est possible d’ignorer que c’est une situation temporaire.
Et la période Covid n’a fait qu’aggraver la situation :
À ce niveau on ne peut plus dire que le ver était dans la pomme, mais que le pommier était pourri par la racine.
Qu’en savaient Thierry Vignal (actionnaire à 47% à la création) et Maxime Hanquier (53%) ? « Pas grand-chose », selon le premier. « Si les taux étaient montés à 2% au lieu de 4%, Masteos aura survécu », selon le deuxième.
Mais ni eux, ni les actionnaires historiques comme Pierre Entremont ne sont dupes. Si Masteos a permis à 1’600 personnes d’investir dans l’immobilier, c’est grâce à une martingale temporaire qui existait déjà depuis un moment.
Parce que Masteos est venu se mettre une niche où existait un autre business : les formations. Pendant des années des mecs ont vendu, en promettant richesse et liberté, des méthodes pour investir dans l’immobilier, souvent à la limite du légal. À base de résidence principale qui finalement devient du locatif, de doublette de crédits, de surestimation des travaux et fausses factures pour sortir du cash du crédit, etc.
L’idée du locatif clé en main avait déjà repris par certains d’entre eux, comme Kevin Savonni avec Revenus Locatifs, mais de manière très cadrée et mesurée. Masteos, lui, voulait l’industrialiser.