💥 Zero Bullshit
Chapitre 02

Free Money

Au départ, Masteos avait un autre projet que raconte Maxime Hanquier :

« On voulait monter une boite de coliving pour challenger le modèle, mais on manquait de cash : on était au RSA ! Alors pour faire tourner la boite on a commencé par faire des deals comme on faisait avec Bevouac. En moins de 2 mois, on a fait 10 ventes. »

Thierry Vignal a plutôt un profil de gestion et de communication externe. Maxime Hanquier est plutôt spécialisé en marketing et acquisition. Et ce qui devait être un side project devient finalement leur coeur de métier.

Courant 2020, Tanguy de Ferrières qui dirige l’entreprise depuis peu entre au capital en prenant 5,6% des parts. Il est suivi par Jérôme Manuguerra, en charge des travaux (qui quittera l’entreprise en 2022), puis des actionnaires de Happy Property, qui cèdent un blog immo en échange d’un peu d’actions. Le dirigeant, Sébastien Gal deviendra CPMO, avant de quitter Masteos pour créer Prello à l’été 2021, notamment parce qu’il ne croyait pas à la scalabilité du modèle.

Sont alors actionnaires :

  • Thierry Vignal (33%)
  • Maxime Hanquier (38%)
  • Tanguy de Ferrières (4%)
  • Jérôme Manuguerra (24%)
  • Sébastien Gal, Kevin Bruneau, Ludovic de Jouvancourt (>0,1%)

Masteos n’est pas tout à fait rentable, l’équilibre n’est pas loin. Le problème, c’est son BFR. Parce que l’immobilier est un cycle long. Il faut 2 mois pour qu’un lead passe à l’action, à peu près pareil pour qu’il signe un deal, et encore 2 fois ça pour que la transaction soit payée. Et Masteos avec. Soit 6 à 10 mois pour un client. Environ 14 mois après un recrutement.

C’est pour financer ce BFR que Masteos fait un seed en BSA de 1,1M€, annoncé sur décembre 2020 sur son site internet via un article cryptique. Le ticket d’entrée est fixé à 5’000€.

Le principal investisseur est Manoury (300’000€), LLC américaine dirigée par Infravia. On retrouve également Olivier Daligault (Meilleurs Agents), Pierre Entremont (Frst), Maxime Lesaulnier (Onefinestay), Benjamin Bitton (2C Finance), Bilal El-Alamy (Equisafe, futur PyratzLabs et Dogami), Guillaume Lestrade (Meero), Reda Berrehili (Mixotv, Onefinestay), ainsi que plusieurs salariés de Masteos.

Un des premiers collaborateurs qui a passé plus de 2 ans dans l’entreprise explique l’engouement interne :

« La seule grande réussite de Masteos, c'est d'avoir recruté presque exclusivement des gens passionnés et convaincus de pouvoir aider des personnes à accroître leur patrimoine grâce à l'investissement locatif. »

Rapidement, le VC français Daphni suit avec 3M€ via Daphni Yellow (issu d’une fusion avec le fonds de Marc Simoncini) qui venait de closer 80M€ avec Accor, Bouygues ou encore Macif.

L’idée officielle est de développer la tech, ce qui permettrait de valoriser l’entreprise, et donc de recruter une équipe dédiée. Mais la réalité est un peu différente.

« C’est toujours les investisseurs qui sont venus nous voir et pas nous qui sommes allés les chercher », confie Maxime Hanquier

C’est d’ailleurs le cas de quasiment toutes les grosses levées de cette période où le FOMO règne. Au point qu’on finit par se demande si les BP sont créés pour les levées… ou l’inverse.

C’est mi 2022 que tout va s’accélérer : Masteos annonce une série A à 40M€ logiquement leadée par DST Global, qui fait également entrer Kima, le fonds de Xavier Niel (Free) et Jeremie Berrebin (Zilo, Leetchi).

Moins médiatique que Sequoia ou a16z, DST gère 50mds$. Créé en 2009, il est dirigé par Youri Milner un Russe qui a cofondé Mail.ru, vendu pour devenir VK. Son fonds a investi assez tôt dans Facebook, Twitter, Snapchat, Spotify ou Alibaba, et a fait d’énormes plus-values lors des ventes de WhatsApp à Facebook ou ByteDance (TikTok).

« Une légende de la Silicon Valley, qui a de quoi faire rêver n’importe quel patron de startup au monde » explique un co-fondateur de licorne.