L’histoire de Nanaba débute en janvier 2021 à Nice. Olivier Guerin et Anne Laure Monier, déjà associés sur une autre entreprise, veulent créer une application pour que le temps d’écran des enfants sur les téléphones soit utile. Une promesse alléchante basée sur des quiz à destination des 7-15 ans, qui permettent de débloquer du temps d’usage pour d’autres applications. En somme : tu veux passer 30 minutes sur Insta ? Viens apprendre quelque chose avant.
Les associés investissent 350'000€, puis lèvent 416’200€ sur MyOptions sur une valo de 2.5M€ la même année. En mai 2022, Nanaba lève 400'000€ de dettes sur la même plateforme (18 mois à 9%), en plus des 350'000€ de prêt BPI.
La start-up étoffe son équipe (les 2 personnes du comité de direction de la première levée sont parties en temps) et embauche une quinzaine de personnes courant 2022, dont une bonne partie d’alternants.
Selon un connaisseur du dossier, Nanaba tient ses objectifs en 2022, grâce à une bonne comm’, notamment un passage du JT de M6.
Au sein de l’entreprise, tout semble bien se passer. De nombreux employés publient des photos des bureaux où ils apparaissent déguisés, ou encore avec un animal. Sur LinkedIn, la quasi-totalité des salariés a une photo de profil et une bannière aux couleurs de l’entreprise. Un alternant explique être « ravi » et d’avoir eu la possibilité d’évoluer.
Mais 2 employés de l’époque me parlent de rythmes parfois éreintants et une direction d’entreprise pas toujours très claire, qualifiant Nanaba de « tous les clichés de la start-up nocive » mais « pas seulement due à la mauvaise gestion des dirigeants ». C’est d’ailleurs plutôt du côté de la technique que les avis convergent. Plusieurs personnes de l’équipe de développeurs décrivent un manager « déprimant ». Trois développeurs me décrivent des distributions de « bon point » par un manager qui aura préféré récompenser « un chien plutôt que moi », confie, amer, un ex-développeur. Tout en relativisant : « les horaires flexibles, les 400m² de bureau accessible 24/7 étaient bien appréciables ».