Fin 2022, conformément à son business plan, Nanaba cherche à lever 750'000€ pour une valorisation de 10M€. Entre-temps, le financement des entreprises a radicalement changé. Les banques centrales ont mis fin aux taux bas signant la mort de l’argent gratuit. Les start-up doivent réduire la voilure et tendre vers la rentabilité.
Sauf que Nanaba n’a pas le choix : l’entreprise a dépensé près de 1,9M€ en 2022 et n’a que quelques mois de runway, du fait de ses dettes (10,5K€ / mois) mais surtout des salaires (100K€ / mois). D’autant qu’elle table sur 4.5M€ de dépenses sur 2023 (dont 1.8M€ en marketing (x3.2), et 1.9M€ en salaires (x2.2).
À l’inverse d’autres plateformes, MyOptions démarche activement les investisseurs : mais le contexte de marché fait qu’ils reçoivent peu de réponses. De leur côté, les associés de Nanaba peinent closer définitivement leurs contacts personnels : la levée patine.
Les salariés sont assez loin de tout ça. La plupart sont jeunes et c’est leur 1re expérience professionnelle ou leur 1er CDI. Ceux qui m’ont parlé de la levée semblaient ne jamais avoir consulté MyOptions, alors même que la collecte, publique, affiche toujours 61K€ sur 750K€ d’objectif.
Une alternante m’explique avoir été « séduite par l’entreprise et les dirigeants », tandis qu’un autre, embauché un peu avant en CDI, me parle d’une « bonne ambiance ». En réalité, les employés n’ont retenu de start-up que le côté cool et ouvert. Ils ne sont pas conscients des risques que courent les entreprises. Mais est-ce bien leur rôle ?