💥 Zero Bullshit
Chapitre 05

1 choc : puis une rupture en 2 temps

Le 18 janvier, l’entreprise est réunie pour assister à la diffusion. C’est un double choc. Celui de se dire que c’était « peut être une boîte de merde » lâche songeur un ancien employé. Mais surtout celui de se demander qui sont les employés en trop, mis au pilori devant 1,9M de spectateurs.

Les salariés voient les tweets « se moquant de [leur] patron » et critiquant leur « manque d’humilité ». Les employés se disent « dégouté », « déprimé » ou encore « abattu ». Un sentiment également décrit par Olivier Guérin qui dit avoir senti de l’amertume et du découragement.

Une ancienne personne du marketing le résume ainsi :

« 2 ou 3 mois avant la diffusion, tout le monde travaillait pour […] être prêt pour l’après M6, car on pensait tous qu’il y aurait un avant et un après positif. Personne ne s’attendait à ce que ça bide autant et encore moins [les dirigeants]. »

C’est clairement un tournant. Et si aucun des interviewés ne l’a abordé de lui-même, tous m’ont confirmé que la diffusion a été une rupture. Les employés parce qu’ils y voyaient l’invalidation de leur travail. Et les dirigeants parce qu’ils s’imaginaient s’en servir pour finir la levée.

Le lendemain, Anne Laure Morin tente désespérément de reprendre la main sur la communication, tente de se faire inviter chez Cyril Hanouna, sans succès.

[Les dirigeants] voulaient qu’on poste sur LinkedIn avec nos comptes perso des infos pour décrédibiliser et tailler le jury de QVEMA, pour se venger comme si on était dans une cour de récréation !

Témoigne une personne. Des propos confirmés à plusieurs reprises. Tous ont refusé.

Effectivement, un proche témoin de la levée qualifie le passage télé de « désastreux ». En effet, des intentions d’investissements sont rapidement retirées, confirme Olivier Guérin.

Dans les semaines qui suivent, les dirigeants sont décrits comme plus froids. Deux responsables de pôles parlent d’une réunion houleuse en janvier où Anne Laure Morin aurait parlé de remise en question de leur parler avant de conclure :

« On s’est rendu compte que notre seule erreur a été de ne pas être assez derrière votre cul. »

Cette ambiance délétère est décrite différemment par plusieurs employés présents, mais tous ressentent cette même tension qui continue de monter en février. Et le non-paiement des salaires va finir d’achever la rupture.