Présent depuis les débuts, Marc Simoncini est probablement le plus légitime des jurés. À 62 ans, c’est aussi l’un des plus âgés, avec Eric Larchevêque (S1-6) et Frédéric Mazzella (S1). Les trois figures historiques de la tech française. Passé un temps par le Minitel Rose (décidément), il développe ensuite iFrance (si t’as mon âge, t’y as fait tes premiers sites), qui finira noyé dans Vivendi (un jour faudra qu’on en parle). Puis il lance Meetic, revendu à Match en 2011. Prix de sortie : 345M€. Il en a pris une belle part. Depuis, sa fortune oscille entre 1 et 5 zucmaneries.
En parallèle, Simoncini investit via son fonds Jaïna, devenu Daphni, qui gère environ 1G€ aujourd’hui. Au portfolio, quelques belles réussites : Winamax, devenu une grosse machine du poker en ligne, et Typology, rentable depuis 2022 avec +300% de croissance annuelle, leader français des soins en ligne sans relever depuis le seed7.
EDIT 09/01/2026 7H26 : Jaïna, qui est le fonds personnel de Marc Simoncini, est indépendant de Daphni, et existe toujours de manière indépendant.
Quand je lui demande pourquoi il a rejoint l’émission dès la saison 1, il me lâche :
« Je sais que je reverrai jamais mon pognon, mais c’est sympa d’aider les jeunes. »
Sauf qu’en tant que patron de Daphni, il est en théorie censé faire passer tous ses deals par le fonds. Il y a quelques années, les gérants pouvaient encore investir en perso si le fonds refusait une opportunité. Certains petits malins faisaient exprès de faire refuser des deals pour les garder pour eux. L’AMF a serré la vis. Résultat : pour ses investissements QVEMA, Simoncini passe désormais par Time4, un véhicule lancé par Daphni fin 2024, dédié aux founders « atypiques » (profils hors grandes écoles, territoires ruraux, parcours non linéaires). Les startups de l’émission cochent souvent ces cases.
N’empêche, le mec n’a pas hésité à retourner au front. En 2019, alors qu’il n’avait clairement plus besoin de bosser pour bouffer, il lance Angell, des vélos électriques haut de gamme made in France. Liquidation en janvier 2025. 6 ans et quelques millions plus tard. Le made in France, c’est beau sur le papier.
Côté gamelles, y’en a eu. Sensee, ses lunettes en ligne lancées en 2011 : l’idée était bonne (diviser par deux le prix de l’optique), 7,5M€ sur la table, 200 000 clients, 5 boutiques. Sauf que les 12 000 opticiens français ont résisté. Les pure players n’ont jamais dépassé 2% du marché. Revendu en janvier 20208. Autre curiosité : Aztec, en 2012. Des dameuses à neige. Oui, des dameuses. 1,5M€ injectés via Jaïna. Liquidation en juillet 2015, vente aux enchères en février 20169.
Bref, Simoncini connaît la musique. Quand il dit qu’il ne reverra jamais son pognon, c’est pas une posture. C’est du vécu. Mais tout le monde autour de la table n’a pas le même track record.