Forcément, il y a Tony Parker. Celui qui m’a fait passer des nuits blanches devant ma télé a cumulé environ 170M$ de salaires en NBA, et probablement au moins 50% de plus en sponsors, pour atteindre une fortune estimée autour de 200M$ à la fin de sa carrière selon un ex-agent de William Morris Endeavour qui a vu passer quelques sportifs. En France, une enquête de la cellule investigation de Radio France parlait d’environ 30M€ investis dans l’Hexagone10.
Le problème, c’est qu’il est de notoriété publique qu’il n’entrera jamais au Hall of Fame des investisseurs français, tellement ses placements sont éclatés au sol.
Commençons par l’ASVEL. En 2023, le club affichait 7M€ de dettes et plus de 3M€ de pertes. La Ligue nationale de basket a imposé des restrictions budgétaires : -23% de masse salariale, la plus forte baisse de toute la Betclic Élite11. Pourquoi ? Principalement à cause des sponsors choisis par Parker lui-même.
Le plus spectaculaire : son association avec Aleksej Fedoricsev, un homme d’affaires russo-hongrois inscrit sur la liste des sanctions ukrainiennes pour participation à l’effort de guerre russe (ce qu’il dément)12. En 2023, Parker signe un contrat de sponsoring de 7M€ par an sur 3 ans avec Skweek, la plateforme de Fedoricsev. Deux ans plus tard, Skweek n’avait versé que 1,7M€ sur les 21M€ promis. La justice italienne a saisi 41M€ de biens de Fedoricsev. Parker a dû remettre de l’argent de sa poche pour faire tourner le club13.
Autre sponsor défaillant : Smart Good Things, spécialiste des boissons énergisantes, qui s’était engagé sur 2,4M€ mais n’en a versé que 2,1M€. La Chambre régionale des comptes note que les difficultés financières de l’entreprise étaient connues « avant même la signature du contrat »14.
Côté éducation, la Tony Parker Adéquat Academy lancée en 2019 à Lyon affiche plus de 3M€ de dettes cumulées. Seulement une centaine d’élèves ont terminé leur scolarité, loin des objectifs. Le projet de campus à Saint-Ouen, annoncé en grande pompe en 2022, est tombé à l’eau. Il ne reste plus qu’un « programme public » bien plus modeste15.
Dans le petit milieu des affaires, tout le monde sait que TP9 est une sorte de SoftBank français : quand il arrive sur un projet, mieux vaut se barrer. Ce n’est pas un hasard s’il était investisseur et ambassadeur de Bricks dès 2022, avec 2M€ au pot. A l’époque, la plateforme d’immobilier fractionné venait d’être rappelée à l’ordre par l’AMF sur ses contrats de royalties, forcée de rembourser 7M€ à ses utilisateurs et de changer de modèle16.
Il est ensuite passé sur Blast, avant de rejoindre récemment Larchevêque sur The Bitcoin Society, probablement le pire projet du cofondateur de Ledger. Et si tu pensais qu’il avait atteint le fond, sache qu’il est désormais associé à Yomi Denzel pour son « gigabootcamp IA ». Seems legit.
En tout cas loin de l’autre ex-sportif-juré Blaise Matuidi et son fonds Origins, qui trace sa route.
Cela dit, si Parker est le cas le plus visible, il n’est pas le seul dont la présence interroge.