De leur côté, les sociétés de gestion communiquent à tout va pour tenter de rassurer le marché. Ou pas, d’ailleurs.
Malgré 15,5mds€ retirés sur les fonds en euros au S1 2023, les assureurs restent assez discrets. Tout juste a-t-on vu Corum faire le malin en lançant un fonds euros avec une promesse de rendement > 4% pour « faire mieux que le Livret A » selon son patron. Rejoint par Nexity (via Suravenir) et Anaxago (Generali) via des contrats orientés immo. Avec un bon côté 3% de frais sur les UC (et plus si SCPI) chez Nexity. Faut bien rattraper les invendus du neuf !
Du côté des SCPI, justement, l’heure est au #NotAllSCPI.
Pourtant le marché, il baisse depuis un moment. Dès que l’inflation a augmenté, tout le monde savait que les taux allaient monter. Et donc que les prix allaient baisser.
Se pose alors la question de continuer à acheter alors même qu’il était évident que les prix allaient s’effondrer. Et on peut se poser la même question sur toute la période 2020-2022, où les SCPI ont cumulé des collectes records, qu’il a fallu dépensées rapidement, sous peine de devoir baisser les rendements.
Et c’est là qu’arrive une des plus belles douilles de comm’ de la finance : el famoso « intérêts alignés ». Une masterclass de bullshiterie.
AUCUN collecteur d’épargne n’a d’intérêts alignés avec les investisseurs.
Prenons le crowdfunding : la plateforme gagne de l’argent sur les projets qu’elle propose. Elle n’a donc aucun intérêt à être hyper regardante sur la qualité des projets, au risque de ne pas en avoir assez. Pire : pourquoi prendre beaucoup de garanties alors même que ça n’apporte rien à la plateforme, à part des frais. Pour ses deux premiers projets obligataires, Bricks n’a pris pour seule garantie qu’une « promesse hypothécaire » de la part du frère du patron de Bricks.
A l’inverse, les plateformes qui achètent des biens pour les exploiter et reverser une partie des loyers (l’ex-modèle royalties que l’AMF a interdit) avait déjà beaucoup plus d’intérêts communs.
Pire. Une plateforme PSFP a affiché au moins deux fois une hypothèque qu’elle n’avait pas prise. L’AMF appréciera.
Mais ce non alignement existe sur tous les placements. Et finalement c’est plutôt logique : quand tu appelles un plombier, il n’a pas le même intérêt que toi. Ton épicier non plus. Et c’est ok !
Dans une SCPI, le gérant prend 8-12% à l’entrée pour sa poche et payer sa distribution. Pourquoi limiter sa collecte ? D’autant qu’il se reprendre entre 10 et 15% par an sur les loyers. Donc il faut investir.
À l’inverse : est-ce que les gérants payent quoi que ce soit en cas de perte ? Est-ce que les associés ont le moindre recourt ? Pas le moindre. Bien qu’un gros avocat soit actuellement en train de chercher à contacter les associés qui ont perdu de l’argent pour mener un recours collectif contre ces gérants (si vous me lisez, faites-moi signe).
Mieux que ça. Plusieurs fins connaisseurs, dont un gérant de fonds immo, m’ont confié qu’une des raisons des très grosses baisses… c’était d’éviter que les épargnants se cassent. À -5%, on peut se dire que c’est une petite perte, qu’on a perçu des loyers, et que finalement on arrive à l’équilibre. À -15 ou -17%, il faut avoir un peu de couilles (ou des besoins urgents) pour arbitrer…
Un raisonnement suivi dans une autre mesure par plusieurs SCI, notamment Capimmo. À court de liquidité, la SCI imagine un plan de cession à la casse s’il fallait sortir beaucoup d’argent. La valeur liquidative du fonds est indexée sur la possibilité où ce plan aurait lieu. Ceux qui sortent sont donc « taxés » à hauteur de cette perte potentielle (qui n’a donc pas lieu tant que la liquidité existe) tandis que ceux qui restent (ou qui entrent) récupéreront une valeur supérieure si le fonds n’a pas besoin de liquidité.
Et on pourrait continuer comme ça en testant tous les placements, dont l’equity où les perfs s’effondrent, les FCPI (personne n’en a jamais vu un seul rentable) et j’en passe, et des moins bons.
La réalité c’est que si les gérants touchent plus d’argent si leurs produits financiers marchent, ils n’en perdent pas dans le cas contraire.
Et c’est encore mieux à l’étage du dessous : les conseillers.