On l’a vu, certains ne distribuent pas de jetons. C’est le cas d’Affinité Pierre chez Groupama qui ne rembourse pas non plus les frais. On y retrouve un retraité qui a investi 1’000€, mais également deux entités Groupama :
Un certain Eric Gelpe siège également à titre individuel. Cet actionnaire de 54 ans n’est pas n’importe qui : cet ancien DG du GAN a été patron de la caisse susnommée.
C’est également le cas de Thibault Delahaye, président du CS de Eurovalys, géré par Adevenis IM dont il a été… DG pendant 13 ans ! Il y siège avec Julien Ribes, dirigeant de MySCPI.com (qui siège régalement chez Sofidy Europe Invest).
Même combat chez Elysées Pierre (HSBC AM) où on retrouve une ancienne gérante du groupe, un ancien directeur commercial, et un gérant actuel.
Chez Allianz Pierre, c’est Allianz Vie qui préside, société sœur d’Allianz Immovalor, gérant. Le reste du conseil, dont la moyenne d’âge est de 73 ans, ne semble pas vraiment plus diversifié. On y trouve Marcel Dehoux, habitué des CS Allianz, député socialiste du Nord pendant 22 ans, en plus d’avoir été conseiller général (17 ans) et maire (24 ans). Un ancrage local l’a fait entrer dans plusieurs conseils d’administration de logement social, comme Mon Abri ou Habitat du Nord.
Près d’un tiers des SCPI analysées ont au CS des personnes ou des sociétés directement ou indirectement liées à la société de gestion. C’est sans doute plus, n’ayant pas eu la possibilité d’analyser les 820 personnes physiques et morales qui sont dans les CS.
J’ai également trouvé des distributeurs (plateformes, réseaux, etc., hors assureurs) et des CGP dans près d’un quart, sans avoir pu être exhaustif. Une présence qui ne gêne pas les membres de CS que j’ai interrogé.
Un acteur majeur de la distribution alternative confesse lui ne pas se sentir désiré :
« Les sociétés de gestion sont toujours un peu mitigées à l'idée de s'afficher ouvertement avec nous. »
Il évoque d’ailleurs un unfair avantage qu’ont les distributeurs et CGP en »motiv[ant] nos clients à voter pour nous « . Un autre, patron d’une des grandes plateformes SCPI m’explique lui avoir été approché à plusieurs reprises pour siéger. Sa réponse est nette : »
« Je refuse d'être au conseil de surveillance de SCPI. Je refuse d'être associé fondateur. Il y a un conflit d'intérêts majeur ! »
D’autres assument, comme Raphaël Oziel. Conseiller en gestion de patrimoine, passé chez Sofidy et Linxea, il est présent dans 8 CS, dont Activimmo :
« J’ai débuté comme conseiller : quand on monte dans les strates, et qu’on te propose d’entrer, t’es honoré ! »
Son conflit d’intérêt est généralement indiqué. Sur la page d’Activimmo, il écrit :
« Je suis parmi les associés fondateurs de cette SCPI et j'ai la chance d'être vice président du conseil de surveillance, j'ai donc pu la côtoyer de l'intérieur et je peux vous dire que votre épargne est entre de bonnes mains. Elle constitue l'une de mes SCPI coup de 🧡 »
Ses communications ne laissent pas présager d’une préférence particulière pour un produit. Mieux : pour lui, afficher ce « prestige » c’est une manière « de [se] crédibiliser ». Il avoue avoir des ventes très faibles sur certains véhicules dont il est membre du CS. Un ancien gérant d’une SCPI milliardaire va dans le même sens : « Les CGP se servent du CS comme de la Légion d’honneur ».
Et si les 8 mandats peuvent sembler énormes (et M. Oziel confie trouver que c’est un très travail assez long), on est loin des spécialistes en la matière.