💥 Zero Bullshit
Chapitre 02

Un poids, une mesure

Les gérants de SCPI expliquent souvent que leurs intérêts sont alignés avec les épargnants : s’ils gagnent, tout le monde gagne. Mais c’est plutôt faux.

Les sociétés de gestion sont nommées dans les statuts de la SCPI. Pour en changer : il faut changer les statuts. Leur mandat n’est pas renouvelé, à l’inverse du CS ou d’un syndic’ de copropriété, par exemple.

« Pourtant c’est pareil : leur métier c’est de gérer des biens qui ne leur appartiennent pas, pour les comptes de gens qui se sont mis ensemble pour les acheter », analyse Mme. Karsenty

De manière générale, les épargnants gagnent de l’argent de 2 manières :

  • Les rendements, issus des loyers, parfois des ventes
  • Les plus-values, lorsque le prix de part augmente

Les sociétés de gestion, elles, accumulent les frais. Exemple chez Épargne foncière (La Française), la plus grosse du marché :

  • Commission de souscription : 9% TTC sur les parts
  • Commission de gestion : 12% TTC sur les loyers
  • Commission d’acquisition-cession : 1,25% HT
  • Commission de travaux : 3% HT
  • Cession de part : 150€ HT / vente

Ces dernières années, les SCPI ont eu des collectes record. Même 2023, pourtant pourrie, sera dans le top 10 ever des collectes. Cet argent (10mds€ en 2022) il faut le dépenser ! Parce que cette collecte, c’est le plus souvent des nouvelles parts, donc des rendements supplémentaires à distribuer.

C’est tout le problème des dernières années.

Un ancien de BNP Real Estate m’a raconté comment une jeune SCPI créée il y a 4 ans a dépensé des centaines de millions, en étant promenée par le promoteur qui refourguait ce que personne d’autre ne voulait. À l’intérieur même de la société de gestion, on avoue, en off et à demi-mot, que le patrimoine est mauvais.

Non seulement les intérêts des gérants ne sont pas alignés avec les associés, mais surtout, le CS n’est que consultatif.

« On peut regretter que le CS n’ait pas plus de pouvoir sur la gestion, puisque les biens appartiennent aux associés » confie M. Kontz, avant de déplorer que « les associés donnent pouvoir à la société de gestion plutôt qu’au président du CS. »

Un avis partagé par tous les membres de CS interrogés.