Le 18 février dernier, la sentence tombe : Stéphane Plaza est condamné à 12 mois de prison avec sursis pour violences habituelles par concubin. M6 applique immédiatement le plan prévu de longue date et le retire de l’antenne. La chaîne était préparée à cette issue ; c’est plutôt un acquittement qui aurait été problématique, car en interne, son départ était déjà acté, même si certains cadres auraient voulu le sauver.
Dans les agences SPI, la réaction est à l’image du pays. Certains franchisés estiment que cela relève de sa vie privée, d’autres considèrent qu’il ne doit plus s’exprimer publiquement, d’autres encore trouvent la peine trop légère. Mais au fond, leurs opinions importent peu. Ce qu’ils vivent, c’est le malaise d’arborer le nom d’une célébrité déchue, dans un marché déjà en souffrance.
Nombreux sont ceux qui quittent le réseau, et beaucoup en profitent pour raconter leur départ dans la presse locale, cherchant à se repositionner. Depuis la condamnation, une dizaine d’agences ont déjà annoncé leur sortie15.
Mais partir a un prix. En off, deux franchisés m’évoquent des frais de rupture de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Un troisième me parle même de plus de 100K€ d’indemnités. Il a déjà entamé des discussions avec un autre réseau, mais il lui reste encore plusieurs années de contrat à honorer.
Mercredi, une réunion de crise était programmé entre l’actionnaire et les franchisés qui s’attendaient (enfin) à des mesures fortes vu que M6 Créations avait eu un long moment pour réfléchir, et que la chaîne semblait déjà avoir un plan de sortie. Eh bah… non.
Aux 568 rescapés, il n’a été question que d’une réduction de l’abonnement mensuel.
Mais rien sur Plaza.
La raison, c’est qu’en haut lieu, la question diviser toujours, et toutes les options seraient encore aujourd’hui sur la table.
Pourtant, début 2024, il a avait été acté par M6 que Plaza serait sorti de l’antenne :
Avec lui, les deux émissions phares produites par Réservoir Prod, en pause de tournage depuis plusieurs mois, devaient également s’arrêter. La question n’était donc pas de savoir si Plaza partirait, mais comment. Pourtant, au fil de l’année, la stratégie semble avoir évolué. Pourquoi ce revirement ? Difficile à dire.
Du côté de SPI, Patrick-Michel Khider a lui quitté la présidence en décembre dernier, laissant la place à Gilles Charron, ancien directeur commercial, depuis DG en 2020. Khider avait repris le rôle à la mort de Crémiers en 2019.
Mais en coulisse se trame une autre histoire dont certains aimerait qu’elles soient l’après-Plaza.