Été 1895.
Depuis plusieurs semaines, Guglielmo Marconi expérimente les ondes récemment découvertes par Heinrich Hertz. En assemblant ingénieusement un cohéreur de Branly et une antenne, il crée la première liaison télégraphique sans fil de 2,4 kilomètres. Après quelques années de recherches et une embrouille avec Tesla (le chercheur, pas les voitures), il s'exile en Angleterre alors que les autorités italiennes aient refusé des soutenir ses travaux, qu’il teste un peu partout. En 1903 il sera d'ailleurs un des premiers à utiliser la tour Eiffel comme émetteur, à l'occasion de ses premières expérimentations internationales de transmission radio à longue distance. L’année suivante son système fonctionne et il commence à équiper les bateaux pour qu'ils puissent communiquer avec la terre, ou parler entre eux. De quoi enfin trouver un business model à ses recherches.
Pendant ce temps, de l'autre côté du Rhin.
Deux grandes entreprises allemandes AEG (depuis en partie démantelée via Daimler-Benz puis Alsthom puis Electrolux) et Siemens (qui travaillait alors sur le télégraphe) fondent Telefunken. La société finance principalement des recherches sur les TSF1, dirigées par Ferdinand Braun. Le tout pendant qu'Adolf Slaby développait (au sein d’AEG) des appareils techniquement supérieurs, mais qui fonctionnaient uniquement avec ses propres récepteurs, alors que les deux autres parvenaient à faire communiquer des appareils de Marconi et Braun.
En 1909, Braun et Marconi sont conjointement récompensés d’un Nobel de physique. Slaby se contentera de la vérole. Et de mourir 4 ans plus tard.