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Le Titanic et l'histoire du premier délit d'initié

Comment le médiatique naufrage a été à l'origine du premier cas documenté de délit d'initié ?

En finance, il est toujours compliqué de déterminer qui a fait qui en premier, parce que la notion même de finance est assez floue. Apparu au XIIIe siècle en France, le verbe finer (qui deviendra to fine, en anglais) désigne surtout l’action de payer pour terminer une transaction, avant de progressivement parler d’histoires d’argent autour du XVIe. Pour autant, il faut attendre le XVIIIe et notamment l’arrivée des premières vraies banques (dont l’une a déjà fait l’objet d’une newsletter, d’ailleurs) pour que la finance commence à prendre la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. Avec la spéculation. Et avec les délits qui vont avec.

Si l’histoire du jour est souvent considérée comme le premier délit d’initié de la finance, il est fort probable qu’en réalité, de tout temps, certains ont eu accès à des informations avant d’autres, leur permettant de tirer profit d’une transaction. Mais si cette histoire est aussi passionnante, c’est surtout parce qu’elle a pour cadre le naufrage le plus connu de notre Histoire, une compagnie mythique, des notables et des ministres, et d’étonnantes ramifications.

Plongée (si je puis dire) dans l’un des plus gros scandales économiques du début du XXe.

Southampton, 10 avril 1912.

Une liesse de personnes vient acclamer les 953 passagers et 889 membres d'équipage qui embarquent dans l'immense paquebot de 269 mètres de long et 28 de large. Les hommes sont tous vêtus de chapeaux ronds et les femmes portent de longues robes sombres. Quand les 4 cheminées s'éloignent vers la sortie du port, les mouchoirs s'agitent dans comme les films.

Le Titanic débute son premier voyage.

Notes de la rédaction

Note : cette newsletter est une réédition d’une ancienne édition publiée il y a 18 mois, revue, corrigée et augmentée, qui avait été lue à l’époque moins de 4’000 fois.