À l’occasion de cette loi, l’AMF avait diffusé un guide40, produit par Bercy. Il commence par un splendide édito signé par Bruno Le Maire qui écrit :
« Bravo ! Vous êtes ce que l’on appelle un influenceur ou un créateur de contenus ! »
Et tout le reste du guide ressemble à peu près à ça, avec un mec qui a dû dire à ChatGPT : « Écris-moi ce document pour les djeuns ». Les 22 pages résument la loi. Enfin, résument si on veut, vu que le document est plus long que la loi, qu’il n’est pas du tout didactique ni opérationnel, et qu’il mélange des tas de trucs différents (comme le fait de pouvoir signaler un concurrent).
Mais chaque année, l’AMF publie son baromètre de l’épargne et de l’investissement41, autrement plus intéressant. Pour mesurer l’éducation financière, Audirep pose 3 questions à un panel représentatif d’un peu plus de 2000 personnes :
Si, globalement, le premier item est compris (60-65 % selon les années), le deuxième l’est beaucoup moins (43-50 %), et pour le troisième c’est le bordel (26-29 %). Même ceux qui disent s’y connaître en épargne se plantent massivement sur le troisième (36 % de bonnes réponses) et ont même carrément un taux de bonnes réponses très inférieur (55-58 %) sur le premier. Preuve que tout ça est très déclaratif.
Entre 11 et 13% vont donner la bonne réponse.
Alors, quand certaines marques parlent d’éducation financière pour savoir s’il faut un PEA ou un CTO, ou si une action est mieux qu’une assurance-vie, c’est aussi con que d’apprendre les nombres irréels en CE2.
Et on pourrait sans doute faire le même test avec le taux d’emprunt, dont beaucoup pensent que le coût est x% x le montant emprunté, les taux directeurs, et pas mal de notions relativement simples mais très courantes dans la vie financière.
C’est d’autant plus dommageable que plus de la moitié des Français disent s’informer sur l’épargne. Quant au comment…
D’un côté, on voit un net recul depuis des années sur les conseillers institutionnels type CGP ou banquiers, dont l’avis n’a été pris en compte que dans à peine un quart des cas. Soit quasiment la proportion de gens qui s’informent auprès de proches.
À l’inverse, la proportion de ceux qui s’informent via les influenceurs, les communautés ou des célébrités monte en permanence pour atteindre 5 % des Français. Mais surtout 12 % chez les investisseurs actuels, et 14 % chez les 18-24 ans. C’est, certes, très en deçà des chiffres observés dans la grande consommation, mais loin d’être négligeable.
Ce qui peut, en partie, expliquer pourquoi on arrive à près de 15 % des Français qui déclarent avoir été victimes d’escroquerie en 2024 (6 % en 2022), et, contrairement aux idées reçues, ce sont particulièrement :
Soit la cible majeure des influenceurs finance.