Le sujet a longtemps été abordé parce qu’il a fait plusieurs fois la une des médias, alors on ne va pas trop s’y attarder. Mais les cryptos font partie des produits financiers à la communication la plus douteuse, relayée par pas mal d’influenceurs qui s’autorisent à peu près tout.
J’avais déjà parlé il y a quelques temps de Polkadot, dont l’agence avait payé une flopée de gens qui ont fait la pub du produit sans jamais le dire. De l’avis de très nombreux acteurs : c’est monnaie courante. Même si plusieurs personnes m’ont précisé que, dans le cas de Polkadot, c’était plutôt une initiative personnelle de quelques individus.
Durant le dernier bullrun, ce sont les NFT qui étaient sur toutes les lèvres, et nombre de gens se sont fait dépouiller par des projets qui n’avaient aucun sens, relayés par des gens payés pour en faire la promo. Nombre d’influenceurs, sans lien avec la crypto ou la finance ont d’ailleurs été récemment condamnés : 150K€ par la DGCCRF3 pour Mohammed BDJ4, 45K€ pour TheKairi pour un autre projet éclaté quelques semaines avant5. Deux cycles avant, c’est Nabilla Benattia-Vergara qui avait pris 20K€ d’amende pour avoir fait la promo du Bitcoin67. A l’époque de sa publicité, le Bitcoin était autour de 8K$, contre 100K€ aujourd’hui.
Au même moment, c’est un autre ancien candidat de télé réalité, Julien Bert, qui lançait Wolf’s Investment8 une soi disant société de trading, qui était en fait une plateforme d’affiliation, avec comme promesse : « 100 % de chances de gagner de l’argent ». Il sera condamné en 2023 par la DGCCRF mais pour d’autres pratiques, notamment sur la publicité déguisée. Interrogé par L’Agefi9 sur ce sujet, le patron en France du courtier Trade Republic affirmait alors :
« Il faut distinguer les influenceurs issus de la téléréalité et les créateurs de contenus, qui partagent leur expérience, leurs bonnes pratiques dans la finance, sans faire de conseil en investissement »
Les griefs sont toujours la mêmes (bien qu’ils ne sont pas toujours cumulés)
Pourtant, d’autres influenceurs de la sphère cryto ne sont pas rappelés à l’autre l’ordre.
Si certains, comme Hasheur font preuve de pédagogie et d’honnêteté, en expliquant régulièrement les risques d’investir ou comment fonctionnent les cryptos, ce n’est pas le cas de tout le tout monde.
Est-ce que 100% des milliers de contenus publiés par Hasheur sont 100% conformes aux lois et aux réglementations ? Sans doute pas. Mais il est impossible de suivre ce type de personne régulièrement sans en comprendre les risques et les contours.
Ce n’est pas le cas de nombreux autres qui, par exemple, relaient ouvertement des liens affiliés vers Bitget.
Fin 2023, seulement quelques semaines après l’annonce de l’AMF, l’autoproclamée « première newsletter crypto de France »10, plusieurs fois brocardée par des professionnels du web3, faisait la promotion de Bitget, à l’occasion d’une publicité pour Oval3.
S’il est clairement écrit que l’opération est sponsorisée, seuls les potentiels avantages sont indiqués. Lancé à 0,6$, le token affiche aujourd’hui à peine 0,001$ soit une perte de plus de 99% pour environ 2M$ investis. D’autant plus problématique que la newsletter en question est coutumière d’un langage trompeur et qu’elle utilise régulièrement le terme « riche » afin de vendre une formation. Comme ce 21 mars 2022 où la newsletter « La DeFi te rend riche : les prêts à intérêt ! » explique le lending. Caroline Jurado prend alors l’exemple d’Anchor et du projet Terra/Luna.
La même newsletter expliquait comment avoir « [son] million d’euros » « avec 300€ par mois ».
Un mois plus tard tout s’effondre et le token affiche -96%.
Il ne s’en remettra jamais.
Caro, si.
Mais tout le monde ne subit pas le régulateur de la même façon.