Afin de commencer la structuration réglementaire, un audit a été commandé auprès de KPMG afin de comprendre l’ampleur du problème et d’avoir un plan de travail. C’est le RCCI, ancien de l’AMF placé ici par GOD l’été dernier, qui est en charge du dossier.
Après plusieurs calls de cadrages, KPMG demande des documents, notamment sur les anciennes notes du RCCI, que Vromman n’envoie pas en totalité. Mais surtout, il tente de faire signer un faux document par son RCCI afin de régulariser une de ses erreurs.
Fin février, le RCCI s’effondre et pleure après une réunion où Vromman lui aurait asséné « Je suis président » pour exiger des explications, visiblement déjà données. Le lendemain, le RCCI était en arrêt maladie, moins d’un semaine après le retour aux manettes de Vromman. Et l’est toujours aujourd’hui (au 28 mars 2025). Tout comme trois autres salariés.
C’est-à-dire que l’entreprise n’a plus de RCCI depuis un long moment, alors qu’elle traverse des problèmes réglementaires graves.
Puis ce sont les avocats qui chargent, loin de servir de médiateurs. Les conseils de Vromman mettent en demeure ce qui est désormais le camp Laing-Doré-Souvannarath de « cesser les tentatives de pression » qui auraient pour but « d’exclure » Vromman afin que Laing « s’arroge la gestion du groupe ».
En représailles, Vromman informe toute l’entreprise le vendredi 7 mars 18H00 que GOD est… viré. Il l’apprend au même moment. Vromman accuse Doré de s’être « rendu coupable récemment d’une tentative d’extorsion en tentant d’utiliser les informations réglementaires recueillies dans le cadre de sa mission chez Tudigo pour opérer un chantage à la vente de mes titres à bas prix. »
Il annonce au passage que finalement, après être parti, revenu, reparti, il ne part plus.
Reste que plusieurs dizaines de salariés viennent de recevoir un coup de guillotine en direct un vendredi soir, et une nouvelle baston entre associés, puisque Laing répond une heure après.
Le lundi suivant un Tudiflash est censé avoir lieu, mais personne n’a vraiment la tête aux opérations qui, de toutes façons, sont globalement à l’arrêter. D’autant que Souvannarath qui est censée l’animer… ne sait toujours pas quelle est la gouvernance.
Vromman annoncera reprendre les sujets de GOD. Qu’il avait donc déjà en main 9 mois avant, amenant aux fameuses découvertes…
Mais c’est peu après la publication d’un premier article dans Placéco le 17 mars4, qui met l’affaire publiquement sur la table que tout s’accélère. Puis un deuxième paraît assez rapidement5.
Le lendemain, probablement conscient (ce qu’il dément) de l’étrangeté de la procédure qui l’a nommé, le 18 mars Lorenceau convoque « en [sa] qualité de président de Tudigo Partners » une AG, pour le 2 avril à 14H30, soit exactement le délai légal minimum (à 27 minutes près), et met comme deuxième point à l’ordre du jour :
« Confirmation du mandat de Monsieur Pierre-Etienne Lorenceau, en sa qualité de Président de la Société. »
Eric Ciotti style.
Chez les actionnaires, c’est l’incompréhension totale. Plusieurs demandent notamment que l’AG puisse avoir lieu en soirée, vu l’importance des décisions qui vont être prises. Refus. Lors des réunions de préparations, plusieurs associés se manifestent pour se présenter à la présidence. Refus.
« Les actionnaires peuvent invoquer la révocation s’ils le veulent à chaque AG, et je m’y soumettrai le cas échéant. »
EDIT du 31/03/25 à 12H55 - Pierre-Etienne Lorenceau souhaite apporter cette précision
« Après avoir reçu un mail de deux actionnaires se déclarant candidats à la présidence, j’en ai déduit qu’ils souhaitaient que cette révocation soit inscrite à l’ordre du jour. J’ai donc ajouté une résolution en ce sens, comme le permettent les statuts, indépendamment de l’ordre du jour initial. Cette démarche visait à permettre justement aux actionnaires de se porter candidats dans un cadre légal. »
Les différents candidats sont relégués dans un « comité de suivi » de trois personnes, parmi 7 candidats. Mais il ne s’agit en aucun cas d’un conseil de surveillance ou d’un organe de gouvernance, mais d’un trio « auquel le Président reporterait régulièrement sur les conditions de mise en œuvre de son mandat ». C’est d’autant plus inquiétant que la troisième résolution consiste… à donner les pleins pouvoirs au président.
Troisième résolution de l’assemblée de Tudigo Partners convoquée pour le 2 avril 2025.
EDIT du 31/03/25 à 12H55 - Pierre-Etienne Lorenceau souhaite apporter cette précision
« Il est expressément rappelé, dans le texte même de la résolution, que le Président de Tudigo Partners dispose déjà, en vertu de l’article 15.5 des statuts, des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société, dans les limites de l’objet social et des décisions de l’assemblée générale. Cette résolution n’ajoute donc aucun pouvoir nouveau.
Au contraire, elle vise à encadrer l’action du Président, en renforçant les mécanismes de transparence, de contrôle et de gouvernance. Parmi les mesures proposées : mise en place de reporting réguliers, audits de gestion, création d’un comité de surveillance ad hoc, protection renforcée des actionnaires minoritaires, etc.
Il s’agit d’un effort structuré pour restaurer une gouvernance saine, transparente et équilibrée. Parler de « pleins pouvoirs » ou de « blanc-seing » est donc non seulement erroné, mais aussi contraire à l’esprit même du texte. »
Est-ce que, désormais, les actionnaires sont au courant des volontés capitalistiques (passées selon lui) de Lorenceau ?
« Il y a déjà tellement de faits, je suis pas allé dans le détail. J’avais fait un résumé de 6 pages, mon avocat m’avait déjà demandé de réduire. »
Visiblement, c'est un point de détail de l'histoire.