La monnaie n’est rien. Ce n’est qu’une représentation symbolique d’un échange.
Ma pièce d’un euro ne sert à une seule chose : donner un chiffre universel lors de tous les échanges. Elle ne marche qu’à une condition : que les gens qui sont impliqués dans l’échange donnent la même valeur, donc la même confiance.
C’est exactement le cas des otages : ils sont une monnaie humaine. La difficulté c’est la valeur que chacun va donner aux humains qu’il détient, et à ceux qu’il a perdu.
Un exemple frappant est celui des échanges de prisonniers palestiniens et israéliens.
Pendant plusieurs années, les dirigeants d’Israël ont refusé toute négociation lors des prises d’otages par le FDLP3. Jusqu’au massacre de Ma’alot qui fait 32 morts dont 22 enfants, et traumatise profondément le pays en 1974.
Depuis, Israël se porte garant de la sécurité de ses otages, ce qui est d’ailleurs l’une des raisons d’être de sa création.
En 2006, le jeune soldat de 20 ans Guilad Schalit est capturé par le Hamas. A l’époque je suivais en tant que photographe les deux comités français en soutien à Ingrid Betancourt, et plusieurs fois le nom de Guilad Schalit (et sa photo que je garde toujours en mémoire) était apparu. Son histoire m’avait touchée parce qu’il avait tout juste un an de moins que moi.
En 2011, il est libéré après 5 ans de captivité contre 1’000 otages palestiniens. Parmi eux, beaucoup ont repris les armes. 1 contre 1’000.
En 2019, The Times of Israël dénombrait 10 morts suite à des attaques perpétrés par ces libérations4.
Le 14 octobre 2023, un porte-parole de l’armée israélienne annonçait la mort d’Ali Kachi, un des cadres du Hamas de l’unité Nukhba. Activement impliqué dans l’attaque terroriste contre Israël du 7 octobre 2023, il avait été libéré lors de l’échange de Guilad Schalit5.