En avril 2024, Fire Invest accorde un emprunt de 100K€ sur deux ans à 6% à une PME, proche donc de sa thèse d’investissement. L’opération arrive aux oreilles des investisseurs sur le Discord en septembre. Mais ce qui étonne le plus, c’est l’émetteur de l’obligation : GII.
Oui, Fire Invest vient bien d’accorder 100K€, soit 10% de son montant levé, au père de Victor Lora, hébergeur et associé de Kare.
En 2024, alors que le débouclage de Fire NFT arrive, et surtout après que le marché crypto, et surtout les NFT, s’est retourné plusieurs fois, les investisseurs pressent Lora et ses associés. Interrogé sur les fees et les performances, Lora finit par publier un tableau sur le Discord de Fire.
Les fees sont alors de 9,5%, soit 3,17%/an. Cela dit, le montant investi tend à montrer que 500K€ ont été gardés en réserve, et probablement que le reste des frais aurait dû être pris sur des flux à générer.
Pressé par le Discord sur les frais et les performances, Lora se borne à répondre :
« Je ne peux pas donner le détail pour des raisons contractuelles. Vous avez le montant global (avec des retraitements à faire). »
Ce qui n’est pas vraiment conforme au contrat de royalties, en plus de poser la question de ce qui pourrait être si secret dans un compte où quatre personnes associées sont intervenues…
Sauf que ni Victor ni son père n’expliquent le besoin soudain de ce financement. Lora ne cache d’ailleurs pas qu’il s’agissait d’un financement qui n’était pas directement lié au coworking. Ce qui pose un sacré problème légal. Comme le montre une communication de 2024 :
« Nous sommes dans l’attente du débouclage de 2 opérations pour 40K€ d’ici juin. Victor met aussi en vente l’un de ses immeubles à Troyes pour solder au plus vite la situation. En attendant, les intérêts seront bien versés (6%/an) : 6K€ ont été versés en janvier 2025 »
Aucun contrat obligataire ne sera jamais communiqué. À fin 2025, il resterait environ 28K€ de capital à rembourser.
D’autant qu’il ne s’est pas passé grand-chose depuis.
En juin 2024, face à l’incapacité d’investir d’un côté, et la fronde des investisseurs de l’autre côté, Lora fait un point d’étape qui parle d’un projet Villagium « on going », qui n’aura finalement jamais lieu, et indique que :
« En l’absence de LOI signée d’ici décembre 2024, nous restituerons les fonds non mobilisés sur les investissements actuels. »
À l’occasion, il déclare également que le CA de Kare à date pour 2024 serait de 248K€. Mais l’entreprise n’a toujours pas déposé ses comptes ni présenté de bilans à ses investisseurs.
C’est donc sans surprise qu’à la rentrée 2024, Fire annonce l’entrée en liquidation du véhicule et de ses positions.
Courrier envoyé aux investisseurs; dont l’essentiel est repris dans un e-mail
Courrier envoyé aux investisseurs, dont l’essentiel est repris dans un e-mail.
Côté performance, et dans un scénario qui n’est ni motivé ni illustré, Fire annonce -6%, bien loin de 40%/an.
Finalement, les parts de Kare seront mystérieusement rachetées pour 80K€ en 2025 avec un investisseur dont on ne saura rien. Concernant l’activité réelle de l’école, Lora explique que la compagne de Martin Boulanger, en charge de Kare, est « tombée malade ». Et que le projet n’a jamais décollé.
Pas plus que la prétendue école de commerce qu’il devait racheter, pour la fusionner avec Kare, grâce à son « savoir-faire » sur le sujet, notamment dans les « formations médicales ». Un sujet souvent évoqué par Lora sans qu’il ne soit possible de retrouver la moindre entreprise à son nom au RBE22 qui pourrait avoir cette activité. Et sans que Lora ne donne le moindre nom.
Un point pourtant crucial, puisqu’il explique que c’était « la machine à cash », toujours selon lui, qui permettait de financer tout le système, lequel semblait pourtant financé par les levées de Fire Invest. Et qui se serait stoppé d’un coup, alors qu’un fonctionnaire lui aurait fait sauter « du jour au lendemain [son] agrément Qualiopi ».
Pas plus que son souhait de « créer une clinique » ou « racheter un hôtel au Portugal ».
Difficile de dire ce qu’il restera à la fin. Mais lorsque je l’interroge, et alors que je lui demande de répéter, Victor Lora déclare :
« Non, mais tu calcules les montants. […] Bon, je n’en ai rien à faire des montants qui sont perdus. Je n’ai pas fait ça pour gagner 50 000 balles. »
Effectivement, c’était pour gagner 100M€.
Mais les investisseurs devront se consoler du projet, à défaut de résultat.
Ou de suivre les conseils que Victor Lora distille vend depuis.