Refus jeudi, communiqué vendredi, ventes entre les deux
Le DG et le DAF de Valuno, fintech crypto cotée à Stockholm, ont appris le refus de leur licence MiCA un jour avant le marché. Le parquet suédois les accuse d'avoir vendu leurs actions dans l'intervalle. Ceux qui les ont rachetées ont payé la note.
Assis côte à côte dans l'avion Londres-Stockholm, Daniel Sonesson, DG de Valuno, et son DAF ont passé leurs premiers ordres de vente. C'était le 3 juillet 2025. Quelques heures plus tôt, à Heathrow, ils avaient appris que le gendarme financier suédois, Finansinspektionen, refusait la licence MiCA de leur filiale. Le marché, lui, ne l'a su que le lendemain après-midi. La scène figure dans l'acte d'accusation déposé le 2 novembre 2026 devant le tribunal de Stockholm, dont Dagens industri a publié les détails.
Valuno, l'ex-Quickbit, est une fintech suédoise qui propose des services de paiement en crypto, cotée sur NGM, une Bourse de petites valeurs. Sans cette licence, sa filiale perdait le droit d'exercer après le 30 septembre 2025. Quand le refus a été rendu public, le vendredi 4 juillet en fin d'après-midi, l'action a perdu un tiers de sa valeur.
La règle européenne est claire : une information de ce poids se publie dès que possible. Valuno a attendu le lendemain. Le parquet économique suédois affirme que ce retard était voulu, pour laisser aux 2 dirigeants le temps de vendre. D'après l'accusation, chacun a cédé pour plus de 200K couronnes, environ 18K€, et s'est ainsi épargné une perte d'un peu plus de 100K couronnes, environ 9K€.
Sauf qu'une action vendue est une action achetée. Le 3 juillet, des investisseurs ont payé le prix d'une société qui attendait encore sa licence. Elle était déjà refusée. La perte que les 2 dirigeants ont évitée n'a pas disparu : elle est passée chez ceux qui leur ont racheté leurs titres.
Cet atermoiement a déjà coûté cher, mais pas à eux. En novembre 2025, la commission de discipline de NGM a infligé à Valuno une amende de 200K couronnes pour publication tardive. C'est la société qui paie, donc ses actionnaires, y compris ceux qui ont acheté le 3 juillet.
Le délit d'initié aggravé est puni en Suède de 6 mois à 6 ans de prison. Thomas Langrot, procureur au parquet économique suédois, affirme disposer d'une preuve « directe et très forte ». Sonesson et son ancien DAF nient les faits. Ils sont présumés innocents.
Sonesson a quitté Valuno en mars 2026. Il présidait aussi Medborgerlig Samling, un petit parti libéral-conservateur. Interpellé mi-août, il a quand même mené la campagne des législatives du 13 septembre. Score : 0,06%. Démission le lendemain.
Reste l'acheteur du 3 juillet. Il a payé le prix d'une licence encore possible, perdu un tiers le lendemain et, s'il a gardé ses titres, réglé sa part de l'amende. Lui n'était pas dans l'avion.
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