Comment la marque s'est effondrée en 15 ans ?
C’est peu dire que les difficultés de Devialet ont fait grand bruit à la rentrée 2024. À peine un an après l’éviction surprise de sa direction, la procédure de sauvegarde qui a fuité cet été en a surpris plus d’un.
Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, je voudrais rappeler aux désormais 33’500 abonnés (et aux autres) que ce qui permet l’existence de cette newsletter, la plongée dans les financements réels de Ynsect, l’analyse de la chute de Luko, ou encore les indiscrétions sur les SCPI, ce sont les informations que je glane et analyse, mais surtout les sources qui m’accordent leur confiance en me contactant.
L’objectif de cette newsletter n’est pas de publier des informations brutes. Ce n’est pas non plus de rédiger un article sur des sujets largement traités dans la presse qui, dans son ensemble, fait correctement son travail, mais le plus souvent dans des formats assez courts. Il s’agit au contraire de prendre des sujets froids ou de traiter des sujets chauds à contre-courant J’en veux pour preuve que les deux sujets les plus lus dans Les Echos startup1 (Ynsect, Blast) avaient été traités avant ici en longueur.
Si plusieurs newsletters ou chroniques LinkedIn ont déjà fait l’objet de pressions, celle sur Blast a été l’objet de deux référés, pour des prétendus faits de diffamation et d’atteinte au secret des affaires. Une procédure qui, pour le moment, a donné lieu à trois audiences, à beaucoup de temps perdu et à plusieurs milliers d’euros de frais d’avocat (50 % de plus que le CA généré par Zero Bullshit en 18 mois).
Le premier jugement rendu, dans le dossier du secret des affaires, a conclu qu’il n’y avait « pas lieu à référé sur les demandes de Blast » et a condamné la société aux dépens, à me verser 5’000 € au titre des frais de justice. Mais un appel est possible, de même qu’une demande de jugement au fond.

Dans ses conclusions, Blast a demandé l’identité d’une source, en demande comment j’avais « obtenu » certaines informations.
Pour la source. Parce que personne n’a à subir les retombées d’une information juste « dans le cadre d’un débat d’intérêt général » selon les mots du jugement. Même si cette source qui avait affirmé son soutien initialement a subitement disparu.
Pour la newsletter. Parce que qui voudrait donner des informations à un média qui livre des noms à la première pression venue ?
Pour moi. Parce que j’estime que mon travail, même s’il n’est pas journalistique au sens strict du terme, et même s’il est couvert par les mêmes « dispositions » applicables aux journalistes, toujours selon le même jugement, n’a aucun sens s’il s’arrête à la simple publication, sans engagement.
Bien que ce jugement vienne une nouvelle fois sacraliser la liberté d’expression, et confirmer l’intérêt de ces articles dans le cadre de débat d’intérêt général (les cas de Luko, Ynsect ou Blast ont largement été commentés dans le petit milieu spécialisé, et les informations publiées ici reprises et citées), le sort des journalistes et plus largement des créateurs de contenu n’a jamais été aussi précaire.
C’est pourquoi, et sans obligation aucune, afin de garder Zero Bullshit accessible gratuitement il est toujours possible :
