Des dizaines de millions levés, des restaurants jamais ouverts, et des plateformes qui détournent le regard.
Enquête · Laurent Villa · Épisode 1
Y’a quelques semaines, une personne m’a demandé pourquoi j’écrivais Zero Bullshit. Pas vraiment pour trouver des clients, ce que je fais sur LinkedIn suffirait. Pas vraiment pour la gloire, je mets pas ma tronche par dessus. Un peu maintenant pour l’argent, depuis 6 mois des partenaires sont venus se greffer. Sauf que passer plusieurs jours, voire semaines, voire mois dans le cas présent, pour une newsletter lue 50 ou 70K fois qui rapporte 1K€, c’est pas rentable.
Mais ce qu’anime au quotidien, ça reste d’analyser ce qui se passe dans les placements faits par les particuliers, et comprendre comment le système s’articule. Et rarement dans leur sens.
A l’été 2024, alors que les bonnes gens glandouillent sur le sable de plage bondée, je reçois un e-mail m’alertant d’une opération arrivée sur la plateforme de crowdfunding Bricks, sur laquelle j’ai beaucoup écrit. Il est question d’une des plus grosses opérations de la plateforme, pour de splendides villas à côté de Porto-Vecchio.
2,55M€ à financer, avec un maximum de 4,2M€.
Un sacré pactole, mais qui n’est pas non plus inédit en crowdfunding. Ce qui l’est un peu plus, c’est qu’un porteur de projet notoirement en retard sur plusieurs financements, et sur des montants très significatifs, soit en train de relever une autre plateforme.
Je vais pas te raconter des cracks, vu qu’on va passer deux voire trois épisodes sur le sujet : j’ai regardé vite fait, et je suis passé à autre chose. Je raconte jamais ma vie dans mes newsletters ou sur LinkedIn, mais bon, cette info a son lien avec l’histoire. J’avais sorti quelques semaines avant une newsletter sur le cash-out d’une autre plateforme, et son dirigeant avait lancé une vendetta et un harcèlement extrêmement violent contre moi. Ma question d’alors n’était pas de savoir si j’allais encore faire des newsletters, mais si j’allais encore faire quelque chose de ma vie. Parce que oui, le cyberharcèlement, c’est aussi ça.
Mais trêve de violonneries. La société en question a été condamnée deux fois aux dépens pour ses procédures lancées contre moi, et Zero Bullshit, jusqu’ici mensuelle (en gros), est devenue hebdomadaire.
C’est seulement en écrivant la newsletter sur Tudigo il y a quelques mois, que je me suis rappelé cette histoire… que je n’imaginais pas aussi longue. Au point que, pour la première fois, cette newsletter sera en deux, peut-être trois épisodes. On y parlera financement de restaurants ou de biens de luxe, tout en voyageant entre Cannes, la Suisse, l’Angleterre ou la Corse.
Et surtout de celui au centre de toutes ces entreprises : Laurent Villa.
Note conflit d’intérêts
Suite à ma newsletter du 30 mars 2025 sur Tudigo, qui mentionnait ses financements, Laurent Villa m’a assigné le 30 juin 2025 pour de prétendus faits de diffamation. Cette publication n’en est en rien une vengeance ou une réponse, mais une enquête parmi d’autres, sur le crowdfunding immobilier.
Laurent Villa a été sollicité dans le cadre de cette enquête et a répondu, lors d’un échange en visio, puis par écrit. Dans le premier échange il a expliqué que l’assignation était un moyen de « prendre contact avec » Zero Bullshit.
Depuis la publication
L’assignation de Laurent Villa visait la newsletter du 30 mars 2025 sur Tudigo. Par ordonnance du 26 juin 2026, le tribunal judiciaire de Paris a jugé qu’aucun des passages poursuivis n’était diffamatoire, dit n’y avoir lieu à référé, et condamné Laurent Villa aux dépens ainsi qu’au paiement de 1’500€ au titre de l’article 700.