Un conflit d’associés, 200 millions à protéger, et zéro mode d’emploi.
Enquête · Crowdfunding
Depuis bientôt 3 ans que j’écris sur des sujets épargne, le crowdfunding est sans doute (avec les SCPI) un des thèmes que j’ai le plus traités. En analysant longuement les chiffres de Bricks époque royalties, ou en annonçant la prochaine chute du crowdfunding immobilier, alors que nombre de plateformes continuent à vendre des projets bancals. Parfois même en refinançant des dossiers sans le dire clairement.
Depuis, les retards et les défauts s’aggravent de mois en mois, October est mort dans l’indifférence générale, Fragments s’est effondré en même temps que Prello, ClubFunding s’est repositionné sur les produits structurés, Lumo est toujours à vendre, Anaxago cherche à s’adosser à un groupe, certaines plateformes ont dû être reprises en catastrophe quand d’autres semblent proches de la mort clinique.
Au milieu de tout ce bordel, Bienprêter, Tantiem ou La Première Brique (et d’autres) affichent une insolente santé, même si le dernier subit ses premières difficultés. Mais le risque zéro n’existe pas quand on propose des placements à 10%.
À mi-chemin entre tous ces acteurs : Tudigo. Passée par le don, l’equity et l’obligation, l'entreprise a collecté plus de 200 M€ auprès de 41 000 clients, avec un focus sur les projets à impact. En proie au retournement du marché du crowdfunding que tout le monde, l’entreprise avait commencé en 2024 un repositionnement qui pourrait ne jamais aboutir à cause d’une grave crise de gouvernance.
Et c’est ce qu’on va voir aujourd’hui, dans cette newsletter qui aura probablement une suite.
De manière directe ou indirecte, j’ai été amené à travailler par le passé avec Tudigo, contre rémunération. Je n’ai aucune inimitié particulière envers la plateforme. Je suis également client de Tudigo où j’ai déjà fait un ou plusieurs investissements. J’ai aussi conseillé à une ou plusieurs personnes d’investir sur la plateforme.
De manière directe ou indirecte, j’ai également été amené à travailler contre rémunération pour plusieurs acteurs du crowdfunding ou du crowdequity, y compris certains cités en introduction.
Depuis la publication
Laurent Villa a poursuivi Zero Bullshit pour cette newsletter. Par ordonnance du 26 juin 2026, le tribunal judiciaire de Paris a jugé qu’aucun des passages poursuivis n’était diffamatoire, dit n’y avoir lieu à référé, et condamné Laurent Villa aux dépens ainsi qu’au paiement de 1’500€ au titre de l’article 700.
Tudigo a été placée en redressement judiciaire en août 2026. La suite est racontée dans « Tudigo : les survivants payent les obsèques ».