Et pourquoi il faut tuer le dispositif.
Après plusieurs années de réduction de budget, le dispositif MaPrimeRénov’ a été brutalement suspendu, officiellement de juillet à décembre. Une décision étonnante parce qu’elle arrive comme un cheveu sur la tête d’Éric Lombard, en même temps qu’un cinglant rapport de la Cour des comptes sur le DPE.
Si les professionnels du bâtiment ouin-ouinent depuis (comme à peu près aussi souvent que la CGT fait un appel à la grève) et que Macron a tenu à dire que le dispositif serait gardé, il me semble quand même temps de se rendre compte à quel point le financement de la rénovation énergétique, et plus largement de l’immobilier, et encore plus largement des finances publiques, est encore plus bordélique qu’une ZAD.
Comme chaque année en déclarant mes revenus, je me suis étonné du nombre de cases et des cas prévus, amenant une ultra-complexification… souvent pour pas grand chose. Franchement, qui peut expliquer pourquoi louer une baraque est soumise à l’imposition sur les revenus fonciers, mais qu’elle passe en BIC (on micro BIC, ou BIC simplifié, ou stylo BIC or whatever) dès lors qu’on pose dedans une commande et un plumard.
Et que penser des 177 de niches fiscales qui permettent de défiscaliser tout et n’importe quoi, du crédit d’impôt en faveur des représentations théâtrales d'œuvres dramatiques ou de cirques à l’exonération de TVA pour les transports maritimes de personnes et de marchandises en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion. Sans oublier ces taxes qui coûtent probablement plus cher qu’elles ne rapportent, comme la fameuse taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel, nouveau nom du droit annuel de francisation et de navigation quand il a été fusionné par le droit annuel de passeport (ouais ouais). En gros la taxe sur les yachts. Censée faire tomber 10M€ / an, elle collectait à peine 300K€ en 20191. C’est 60K€ en 2024.
Le problème, c’est que la France est devenue un empire de fiscalité (et de défiscalisation) avec des mesures qui coutent cher. Parfois mesurées, comme les innombrables TVA réduites, les FCPI ou le CIR dont on sait sans ambiguïté après des années qu’ils ne servent à rien. Parfois carrément oubliées dans un couteux tiroir administratif.
Mais qu’en est-il de MaPrimeRénov’, pour qui la gauche chiale chaque année depuis 5 ans lors que son budget est réduit… alors même qu’il n’était pas consommé intégralement ? Et que personne ne semble plus défendre alors que le dispositif a été brutalement suspendu.
Eh bah figure toi que la vie est bien faite : c’et le sujet du jour !