Dans des blocs américains, des chirurgiens pressent toujours le soufflet au-dessus de plaies qui saignent de partout à la fois. Hemoblast n'est pas mort avec Biom'up.
Il appartient aujourd'hui à Dilon Technologies. Depuis, la FDA a autorisé le soufflet en neurochirurgie, puis en urologie20. En avril 2026, Dilon a confié sa distribution américaine à Xtant Medical, contre 5M$ d'exclusivité. Le produit est toujours fabriqué en France94. Sur un salon à Los Angeles, un ancien de Saint-Priest est retombé sur Hemoblast, et sur l'équipe qui le vend aujourd'hui. « Ils étaient pas mal », résume-t-il, amer.
Une ancienne salariée de Saint-Priest, elle, raconte la même amertume, et surtout le gâchis :
« C'est là où c'est dégueulasse. Ça sort d'ingénieurs de l'Insa qui ont développé ce super produit, et au final ça part chez les Américains. »
Parce que oui, le produit, lui, marchait. Et il marche toujours. Hemoblast aurait pu rester français. Premier actionnaire, Bpifrance détenait encore 21,83% du capital fin 2018.
Bpifrance avait les moyens de changer la gouvernance.
Bpifrance avait les moyens de contrôler les dépenses.
Bpifrance avait les moyens de reprendre la main.
Bpifrance avait les moyens de changer de DG.
Bpifrance avait même les moyens de trouver des solutions à la reprise.
Mais Bpifrance a préféré vendre une partie de ses actions à partir du 4 octobre 2019, 3 semaines avant la cessation des paiements91, et ne s'est pas portée candidate à la reprise.
Le 29 octobre prochain, le tribunal examinera la clôture de la liquidation de Biom'up. Hemoblast n'y figurera pas. Mais il reste un dernier souvenir, gravé sur les brevets. Les noms de Christian Gagnieu, Sylvain Picot et Patricia Forest.