💥 Zero Bullshit
Chapitre 02

The Social Network

Une Citroën Saxo blanche s'arrête devant une gare lyonnaise. Au volant, l'un des premiers salariés de Biom'up, futur membre de son CoDir. Il se penche au-dessus du levier de vitesse pour ouvrir la portière. Étienne Binant s'assied à côté de lui. C'est la première fois qu'il va rencontrer les équipes de Biom'up en cette journée de 2008. Sur la route de Saint-Priest, le consultant parisien raconte ses vacances aux États-Unis. Le conducteur est mal à l'aise face à une discussion où tout semble être lié à l'argent. Lui gagne correctement sa vie. Mais loin des fastes que Binant raconte.

Binant n'est pas arrivé dans cette Saxo par hasard. Il a été mis en contact via la mairie de Lyon. Un membre du cabinet du maire socialiste Gérard Collomb appelle Biom'up pour proposer de l'aide afin de lever des fonds, et lui présente le consultant parisien. Pour les fondateurs, la démarche a tout d'une initiative de la mairie. Elle tient surtout de l'amitié : l'homme du cabinet est un proche de Binant.

À 30 ans, Binant évolue déjà dans les réseaux socialistes depuis longtemps. Il fréquente Jack et Monique Lang depuis le début des années 2000, selon un e-mail qu'il a adressé à Zero Bullshit. En juin 2009, il est élu président de la Fédération régionale des MJC d'Île-de-France, dans la foulée d'une assemblée générale à laquelle assiste Jean-Paul Huchon, le président socialiste de la région9.

Etienne Binant se tient juste derrière Ségolène Royal, Olivier Falorni et François Hollande, à côté du socialiste marseillais Patrick Mennucci, lors des Universités d'été du Parti socialiste 2006, à La Rochelle. Selon un membre du PS, ancien proche de Jack Lang, Binant était venu accompagner Jack Lang, arrivé un peu avant.

Biom'up est l'un de ses tout premiers clients. Binant n'a ni expérience dans la santé ni grand carnet d'adresses. Mais il a du bagou, et un talent qui lui ouvrira beaucoup de portes. Un ancien cadre raconte :

« [Binant sait] dire aux gens ce qu'ils veulent entendre, et être [un] caméléon. »

Depuis peu, Binant est salarié de Globe, la société de conseil de Sébastien Grandin, son compagnon. Binant est d'ailleurs le seul salarié10 de l'entreprise dont il ne détient pas une seule part. C'est lui qui ramène la quasi-totalité des clients. Et le plus gros, qu'il vient alors de signer, c'est Biom'up. Et il le restera. Entre 2010 et 2015, Globe encaisse 2,09M€ d'honoraires, rien qu'avec la biotech lyonnaise11.

Ces factures mélangent un montant fixe et un pourcentage sur les fonds levés. Parce que pendant des années, c'est Binant qui va voir les investisseurs, et qui les convainc d'enchaîner les tours. C'est lui qui prépare les PowerPoints. C'est lui qui les présente. Pour les cofondateurs, c'est une situation appréciable : comme souvent, ces profils très pointus et techniques ne savent vendre ni leur produit ni leur entreprise. Alors Binant s'en charge. Il n'est pas seul aux manettes : les décisions restent au conseil, où siègent les fondateurs et les fonds. Mais c'est lui qui mène les levées, et avec un certain succès. De 2008 à 2012, Biom'up lève 11,3M€, avec Mérieux, la Sham, puis InnoBio.

Reste qu'à Saint-Priest, Binant détonne. Certains l'appellent « le Parisien », voyant d'un mauvais œil celui qui prend de plus en plus de place dans la société alors qu'il n'a aucune formation scientifique. D'autres sont impressionnés par sa capacité à apprendre vite, et par l'intérêt qu'il porte à la société et à ses produits, alors qu'il n'est là que pour lever des fonds. Mais là où tous les témoins s'accordent, c'est sur son rapport aux gens.

« [Étienne Binant] s'intéresse assez peu aux humains, surtout ça ne lui apporte rien. »

Le décalage est d'autant plus fort qu'à l'instar du conducteur de la Saxo, nombreux sont ceux qui sont gênés par la manière dont Binant étale son argent. D'ailleurs, d'où vient-il ? Selon une version confirmée par plusieurs témoins, Binant raconte qu'il aurait fait fortune dans le jeu vidéo, grâce à une société qu'il aurait revendue. Certains sont impressionnés. Personne ne met le récit en doute. Mais au siège, beaucoup se disent un peu dérangés, non par le récit, mais par la manière dont il le raconte. Un ancien salarié résume l'impression qu'il laisse :

« L'exemple typique du nouveau riche. »

Binant raconte aussi qu'il prenait le Concorde chaque semaine pour New York, et qu'il y était toujours le plus jeune à bord. L'origine de cette réussite est plutôt floue. Mais la société dont il parle a existé.

Elle s'appelle Hermione. Binant, 21 ans, la fonde à l'été 1999, à Grigny avec 2 associés. C'est bien un studio de jeu vidéo destiné à créer des jeux de rôles. À la création, il apporte un ordinateur portable, un fax et un téléphone mobile, et prend la majorité. Quelques mois plus tard, ses parts appartiennent étonnamment à sa mère.

En avril 2000, en pleine bulle internet, Hermione crée une filiale pour produire des jeux on line, Hermione Interactive. Elle revend à Binant des actions de cette filiale au prix de création, 100F pièce, ce qui fait de lui le premier actionnaire. Un mois plus tard, la même action est vendue 5'000F à des investisseurs particuliers. 5 levées se succèdent en 5 mois, pour environ 317K€. La dernière est réservée à un seul homme, qui paie 11'236F l'action. Sur le papier, la part de Binant vaut alors 1,4M€. Une valeur « de convenance », prévient le commissaire aux comptes.

Le prix d'une action d'Hermione Interactive, en francs

Mais le temps passe, le jeu ne sort pas et la bulle dot-com explose. Malgré les 317K€ levés, en mai 2001, la société n'a même pas l'outil de base pour fabriquer son jeu : le moteur 3D, le logiciel qui fait tourner les images. Faute d'argent, elle essaye même d'acheter les morceaux manquants à son jeu en actions. « Une société microscopique », se souvient un proche du projet qui a fait carrière dans le jeu vidéo. Confirmant au passage qu'Hermione n'a jamais été vendue.

Le rapport du commissaire aux comptes, 23 octobre 2000 : la valorisation de la société « correspond à une valeur de convenance arrêtée d'un commun accord avec l'actionnaire ».

Les années qui suivent sont plus floues et Binant n'en dit rien de précis. Mais 2 choses sont sûres : Binant gagne très bien sa vie, et l'administratif n'est pas son fort. Il vit sans doute entre Paris et New York. Au point que, comme en avril 2019, le fisc s'intéresse à ses impôts. Interrogé, il se défend :

« Comme tous les contribuables qui dépassent un certain seuil de patrimoine ou de revenus, j'ai fait l'objet de vérifications fiscales régulières depuis près de 20 ans, ce qui n'a rien d'anormal. Toutes ces vérifications se sont terminées en ma faveur, à l'échelon du contrôle ou bien en juridiction. »

Il y a 20 ans justement, Binant est domicilié chez sa mère, à Viry-Châtillon. Un peu avant l'été, le fisc débarque pour y saisir des biens, pour 55K€ d'impôts sur le revenu impayés de 2000 à 200212.

Extrait de la procédure : le 31 mai 2006, le trésorier de Viry-Châtillon fait dresser un procès-verbal de saisie-vente pour 55'003,48€ d'impôt sur le revenu de 2000, 2001 et 2002.

La même année, un particulier lui prête environ 20K€. Il ne sera jamais remboursé, raconte-t-il. En justice, la reconnaissance de dette signée qu'il produit n'est pas reconnue, et sa plainte est classée sans suite.

Toujours en 2006, un autre homme lui signe un chèque de 20K€, que Binant encaisse. L'homme porte plainte contre lui pour abus de confiance. Binant argue, lui, que c'est une prestation de conseil, et pour prouver sa bonne foi, il produit une facture de conseil de 20K€ adressée au plaignant. Elle est émise par Win Win, une société des îles Vierges britanniques domiciliée dans un penthouse de 200m² au dernier étage d'une tour de 46 étages, sur les berges de l'Hudson, face à West New York. La tour a porté le nom de Trump jusqu'en 2018. Acheté neuf en 2000 pour un peu moins de 2M$, l'appartement est aujourd'hui estimé autour de 3 à 4M$. Il appartient à Armando Geday, un ingénieur américain qui a dirigé GlobespanVirata, un fabricant de puces coté au Nasdaq, puis Conexant, jusqu'en novembre 200413. Interrogé sur la domiciliation de l'entreprise dans son penthouse, Armando Geday a simplement répondu à Zero Bullshit ne pas être au courant.

Photo de l'intérieur du penthouse.

Extrait des Offshore Leaks listant Win-Win Consumer Rating, Ltd.

Facture du logement au nom d'Armando Geday, le propriétaire. Le lot est parfois désigné 1A, PH1A (penthouse) ou H1A, mais il s'agit bien du lot 1072, détenu par 200 RSB, une LLC détenue à 100% par Geday14.

En 2009, le parquet transmet le dossier au fisc. Pour l'administration, Win Win n'a de moyens ni aux États-Unis ni aux îles Vierges : c'est Binant qui la fait tourner depuis la France, et elle encaisse ses honoraires à l'étranger. Le fisc le soupçonne d'exercer en France, sans le déclarer, une activité de consultant.

Parmi ceux qui paient ces honoraires, il y a Biom'up. Parce qu'avant de facturer avec Globe, les factures arrivaient à la medtech sous le nom de Win Win. Devant les enquêteurs, Binant dit travailler dans les bureaux parisiens de Magillem, une société de logiciels pour fabricants de puces, et de Sorella Frater, une société de conseil en financement. Toutes 2 sont dirigées par… Isabelle Geday, la femme d'Armando Geday, que Binant présente comme sa « collaboratrice » et son « associée »15. Les agents du fisc perquisitionnent les bureaux parisiens, et d'autres dans l'Essonne. Quelques mois plus tard, Win Win est rayée du registre des îles Vierges britanniques, faute d'avoir payé ses frais annuels16.

Extrait de la procédure visant Binant et Win Win, mentionnant l'adresse du penthouse.

Mais la société apparaît dans un document lié à une levée de fonds faite par Binant à l'été 2024. Win Win n'est pas l'entité qui facture, mais la société est citée, peut-être simplement parce qu'un template a été réutilisé.

Extrait d'un document joint dans un e-mail intitulé « Poursuite de nos efforts communs », daté du 18 août 2024.

Interrogés sur ces différentes procédures, les parquets ne retrouvent rien et ne peuvent en donner les suites. Mais Binant est formel :

« Je vous confirme que je n'ai fait l'objet d'aucune condamnation fiscale ou pénale en France ni à l'étranger, dans aucune juridiction. »

Pendant que le fisc enquête, Binant continue de travailler pour Biom'up. Début 2014, il ne lui reste que 1,1M€ en banque, contre 3,7M€ un an plus tôt : -6,1M€ sur l'exercice. Le problème, c'est que les actionnaires historiques hésitent. Depuis le dernier tour en 2012, la société n'a pas beaucoup évolué, et plusieurs sources racontent que la confiance aurait été rompue avec les fondateurs. Et que certains actionnaires menacent de se retirer.

Binant, lui, a un bilan. Depuis 2008, c'est lui qui fait entrer l'argent. Il connaît les investisseurs, il sait leur parler, et il présente bien. Les fondateurs, eux, sont des ingénieurs, pas des vendeurs. Un ancien de Saint-Priest résume :

« [Binant] a déjà du réseau. Il a déjà les codes du financement, il sait où appuyer. »

C'est aussi l'argument servi aux équipes. Un cadre se souvient :

« Étienne ne venait pas du monde scientifique et ne comprenait pas vraiment la stratégie ni les produits. On nous a dit que c'était le profil idéal parce que la science restait chez nous, et lui serait la figure publique, le commercial, et que c'est comme ça qu'on se développerait. Ce n'est clairement pas habituel dans les deeptech au sens large, mais certains y ont cru. D'autant qu'Étienne est un excellent orateur qui sait rassurer. »

Binant racontera l'histoire à sa façon en 2017, sur la scène d'un TEDx à Lyon17 :

« Une nuit de 2014, j'ai eu 24 heures pour décider si je pouvais prendre la barre »

Entre l'amertume de certains témoins et la romance de Binant se promène la vérité. Et elle est probablement aussi simple que déjà vue : des fondateurs qui perdent la confiance des actionnaires, qui leur préfèrent un profil dans lequel ils se reconnaissent. Reste qu'il accepte. Mais il connaît la suite :

  • Faire du ménage au sommet ;
  • Lever au moins 10x ce qu'il a levé jusqu'ici18.

Binant accepte le challenge : passer du statut de startup à celui de scaleup.

En avril 2014, Biom'up réunit ses actionnaires pour lancer le plan. Non pas à Lyon, mais à Paris, chez Alérion, ses avocats. Et Binant obtient l'accord pour dérouler.

D'abord l'argent. Les actionnaires remettent 9,5M€ en ORA. Un peu plus de la moitié arrive tout de suite, le reste sous conditions, d'ici mars 2015 :

  • 4M€+ de ventes en 2014 ;
  • Le marquage CE d'Hemoblast, c'est-à-dire son autorisation de vente en Europe, et le feu vert de la FDA pour lancer son essai américain ;
  • Et l'arrivée à sa tête de Pascal Girin, un ex-VP Europe de Baxter.

Parmi les prêteurs figure Jaffnah. Binant a créé ce SPV en mars, avec Sébastien Grandin et le chef d'orchestre allemand Christoph Eschenbach, qui vit alors à Paris avec son compagnon pianiste. Eschenbach y met 150K€, Grandin 32K€, Binant 28K€. Jaffnah souscrit pour 417K€ d'ORA. Mais pour 350K€, elle ne verse rien : elle efface une dette que Biom'up aurait déjà envers elle. Le procédé n'a rien d'exceptionnel : Mérieux et la Sham paient eux aussi une partie de leur mise, 300K€ et 150K€, en effaçant ce que Biom'up leur doit. Mais eux sont actionnaires depuis des années. Jaffnah, elle, existe depuis 24 jours. Et Biom'up lui devrait déjà 350K€.

Ensuite, le ménage. Picot devient DG et cède la présidence à Binant, « en concertation » avec les administrateurs des fonds. Dans la foulée, le conseil qu'il préside désormais autorise 2 contrats avec Globe, pour lever des fonds et pour du conseil. Président du client, il en devient aussi le fournisseur. C'est le schéma de l'épisode 2, à l'envers : chez Isia Films, la société d'Isabelle Adjani, Grandin dirigeait et Globe facturait le travail de Binant. Chez Biom'up, Binant dirige et la société de Grandin facture.

3 mois plus tard, Binant explique aux administrateurs que son rôle « excède » celui d'un président : les investisseurs, les médecins américains, la future revente de la société. Il devient donc aussi DG, « pour une période transitoire ». Picot redescend d'un cran, DG délégué. Sur demande d'un actionnaire qui explique en off (et après coup) avoir eu quelques doutes, le conseil limite ce que Binant peut engager seul à 25K€ / dépense et 200K€ / an, et prévoit une direction collégiale menée par Girin d'ici la fin de l'année. Sauf que Girin ne dirigera jamais Biom'up. En décembre, il entre au conseil comme simple administrateur. Binant conserve donc son fauteuil. Tandis que les fondateurs s'éloignent du leur.

Binant, Grandin et Eschenbach créent Jaffnah

24 jours plus tard, Biom'up lui devrait déjà 350K€.

Président de Biom'up

Picot devient directeur général. Le conseil autorise 2 contrats avec Globe, la société de Grandin.

Directeur général, « pour une période transitoire »

Il ne peut engager seul plus de 25K€ par dépense et 200K€ par an.

Sylvain Picot révoqué

À l'unanimité, sur les griefs exposés par Binant.

Un mandat de 6 ans

Les fonds renoncent à leur droit de veto. Le « transitoire » aura duré 1 an.

Patricia Forest révoquée

Elle aussi en son absence, elle aussi à l'unanimité.

Fin 2014, Picot conteste ouvertement les frais de Binant auprès d'un membre du conseil, raconte un ancien cadre. L'administrateur aurait demandé au fondateur de « couvrir » les dépenses de Binant, parce qu'elles seraient nécessaires au fonctionnement. La tension monte.

Quelques semaines plus tard, il est convoqué par le conseil. L'administrateur lui reproche d'être « déloyal » envers le PDG, Étienne Binant. Alors en février 2015, Picot est révoqué à l'unanimité par le conseil. C'est Binant qui expose les griefs : les objectifs de 2014 ne sont pas atteints, et Picot aurait « dissimulé des informations critiques » sur les retards d'Hemoblast. Selon lui, les négociations en cours pour la future levée auraient fait apparaître le besoin de « réorganisation de la direction » et le « départ de [Picot] ». Les ventes de 2014 plafonnent en effet à 3,2M€, loin des 4M€ promis. Les aventuriers Biom'up ont décidé d'éviter Picot, et leur sentence est irrévocable.

Puis 7 mois après, c'est l'autre fondatrice, Forest, qui est révoquée. Elle aussi en son absence. Elle aussi à l'unanimité. Cette fois, ce sont les retards du marquage CE et une « grave crise de confiance » qui sont évoqués.

Enfin, la levée, et il y a urgence. Fin 2014, les capitaux propres de Biom'up ne sont plus que de 88'443€, moins de la moitié de son capital : ses actionnaires doivent décider s'ils dissolvent la société. Un peu plus d'un an après son arrivée à la tête de Biom'up, l'argent arrive : 22M€. Bpifrance en est le premier souscripteur, avec 8M€ par son fonds Large Venture. Suivent InnoBio, le belge Gimv, le danois Lundbeckfond, Jan Øhrstrøm, et Jaffnah. Avec les obligations de 2014 converties en actions, Gimv annoncera 31,3M€ levés19. L'action se paie 16,80€, contre 58,39€ en 2012. Pour les anciens actionnaires, dont les fondateurs, la dilution est sévère. Mais pas pour les prêteurs de 2014, dont Jaffnah : leurs ORA deviennent des actions au même prix que le nouveau tour, 16,80€. Mieux, ces actions remontent dans la file de la liquid pref. Jusque-là, les fonds entrés en 2012 à 58,39€, InnoBio en tête, étaient les mieux servis. Désormais, chaque action payée 16,80€ récupère sa mise en même temps que les leurs, et avant que ces fonds ne revoient le reste de leurs 58,39€. Ces fonds cèdent donc une partie de leur rang aux nouveaux venus de 2015, mais aussi à eux-mêmes, puisqu'ils ont tous prêté en 2014. Et à Jaffnah, le seul prêteur de 2014 qui n'avait pas misé en 2012.

Le prix d'une action Biom'up, d'un tour à l'autre

Dans le même temps, Binant obtient un mandat de DG de 6 ans. Il lâche la présidence au profit de Jan Øhrstrøm, un Danois qui siège dans plusieurs biotechs. Le même jour, Girin quitte le conseil. Le « transitoire » aura duré 1 an.

Mais surtout, ce jour-là, les fonds renoncent à leur droit de veto. Depuis 2010, le budget, la paie des dirigeants, les contrats majeurs, un gros emprunt ou l'embauche d'un cadre dirigeant ne pouvaient être décidés sans l'accord des administrateurs désignés par les investisseurs. Désormais, une majorité simple du conseil suffit, et les fonds perdent même le droit de proposer leurs administrateurs.

En 2014, Binant ne pouvait engager seul plus de 25K€ par dépense et 200K€ par an. Une règle provisoire, liée à son mandat transitoire. Désormais, ses grosses dépenses hors budget passent toujours par le conseil, mais une majorité simple suffit à les voter.